Films 2016… suite de mes coups de coeur…

J’aime aussi présenter des films plus discrets, qui ne bénéficient pas d’une grande diffusion, qui ne font pas l’objet d’un matraquage médiatique, mais qui méritent vraiment d’être mis en valeur et d’être vus… Ces films ouvrent aussi d’autres horizons et permettent de belles découvertes…

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1  – « Mr Ove »  – Comédie dramatique Suédoise  – De Hannes Holm   Avec Rolf Lassgård, Bahar Pars, Ida Engvoll…

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Depuis le décès de sa femme et son licenciement, Ove se sent vieux et terriblement inutile. À longueur de journée, il erre dans sa maison comme une âme en peine. Pour s’occuper, il multiplie les rondes de sécurité dans sa copropriété et harcèle ses voisins pour le moindre manquement au règlement intérieur…  À 59 ans, grincheux et dépressif, Ove n’attend plus qu’une seule chose de la vie : la mort ! Il décide donc d’en finir… mais ses tentatives de suicide échouent lamentablement. La situation se corse lorsque de nouveaux voisins emménagent, affreusement sympathiques : Parvaneh, une jeune Iranienne, son mari et leurs charmants enfants. Sans cesse importuné, Ove n’a plus un instant à lui pour se pendre tranquillement. Pire : à force de nouvelles rencontres et d’amitiés improbables, il se pourrait bien qu’Ove reprenne goût à la vie…

Un ton toujours juste juste entre humour grinçant, tendresse délicate  et émotion subtile.Tiré du livre « la Vie selon Ove » de Fredrik Backman, le film a été couvert de prix dans son pays natal, notamment pour la performance de Rolf Lassgard. Récompensé par le prix du public au Festival de Cabourg en juin dernier. Ove (c’est son prénom) est un anti-héros très touchant.

Ce film a été beaucoup mieux reçu par le public que par la critique restée très timorée. Je pense que le public a raison !

 

2  – « La danseuse » – Drame,  « Biopic » Français  – De Stéphanie Di Giusto  – Avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry…

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Loïe Fuller est née dans le grand ouest américain. Rien ne destine cette fille de ferme à devenir la gloire des cabarets parisiens de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Cachée sous des mètres de soie, les bras prolongés de longues baguettes en bois, Loïe réinvente son corps sur scène et émerveille chaque soir un peu plus. Même si les efforts physiques doivent lui briser le dos, même si la puissance des éclairages doit lui brûler les yeux, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter la chute de cette icône du début du 20ème siècle.

Stéphanie Di Giusto réussit à nous faire comprendre, dans des scènes saisissantes, ce que fut, il y a un siècle, le génie chorégraphique et visionnaire de Loïe Fuller. Elle nous révèle l’importance du  processus créatif : chaque étape, chaque croquis, chaque métrage de tissu, chaque directive autoritaire de son héroïne donne naissance à un spectacle magique. Elle réussit à nous faire partager le choc esthétique ressenti, à l’époque, par le public. C’est Soko elle-même qui tournoie. Soko et sa beauté farouche, sa sensualité athlétique.  Mélanie Thierry est une merveilleuse Gabrielle, la fumeuse de cigarillos, qui ouvre à Loïe les portes des Folies-Bergère et ne la quittera plus jamais.  Dès qu’apparaît Isadora Duncan sous les traits si gracieux de Lily-Rose Depp vraiment radieuse, on sait que les jours de gloire de Loïe sont comptés. Loïe qui vénère le Beau au point de s’y consumer… A travers ces deux danseuses,  une cruelle réalité : le travail et la volonté face à un être touché par la grâce. Des passages envoutants…

 

3  – « Dans les forêts de Sibérie » –  Aventure ;  Français  – De Safy Nebbou  – Avec Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine…

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Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années. Entre ces deux hommes que tout oppose, l’amitié va naître aussi soudaine qu’essentielle.

Une aventure polaire intense et solitaire adaptée (librement)  du récit éponyme de l’écrivain voyageur Sylvain Tesson. Raphaël Personnaz, quasiment seul à l’image les trois quarts du film, livre une performance remarquable de justesse, tout en ajoutant des touches d’humour bienvenues. C’est certainement l’une de ses plus belles compositions. Sur une musique sublime d’Ibrahim Maalouf et des images de toute beauté, Safy Nebbou a réussi à capter l’indicible, le poids de la solitude, le temps qui passe, la beauté d’un paysage brut ou l’ivresse de la liberté retrouvée. Une expérience sensorielle de la solitude et du silence aussi dépaysante que bienfaisante qui invite le spectateur à réfléchir sur sa propre existence.

 

4  – « Tanna » –  Drame, Romance ;  Ni-vanuatu, Australien  –  De Bentley Dean, Martin Butler  –  Avec Marie Wawa, Marceline Rofit, Mungau Dain…

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Dans l’une des dernières tribus traditionnelles du monde, une jeune fille rompt son mariage arrangé pour s’enfuir avec l’homme qu’elle aime. Les amoureux déclenchent ainsi une guerre qui menace leur clan.

Tanna est l’histoire vraie qui bouleversa la vie des habitants d’une petite île du Pacifique et fit réviser la constitution d’un pays.

La puissance du récit, une variante sur un thème universel, la beauté des images, la force des personnages et de leurs interprètes, (uniquement  des non-professionnels très convaincants),  font de « Tanna » un film à part. Le fruit d’une fusion alchimique… il suffit de s’abandonner aux images, de se laisser bercer par la musique visuelle. C’est une affaire de rythme et de tempo, un chant funèbre et lumineux.  Un film envoûtant, romantique sans pathos, réaliste sans lourdeur ethnographique. On est au bout du monde, quelque part dans le Pacifique, et, dans cet inconnu, un point fixe : l’amour. C’est poignant…

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~ par cerisemarithe sur 02/02/2017.

2 Réponses to “Films 2016… suite de mes coups de coeur…”

  1. Quelle culture cinématographique!
    Bonne idée de dire ton ressenti.

    Je n’en ai vu que 4 que j’ai beaucoup aimés; l’occasion grâce à ton billet d’y repenser!
    Dans les forêts de Sibérie (ensuite je me suis jetée dans le livre!)
    Julietta (comment aurai_je pu ne pas le voir!)
    Les Innocentes (J’ai encore mal!)
    Et Café Society…

  2. Coucou Marithé ! « Tanna » a l’air d’être un très beau film. J’adore son affiche. C’est un plaisir de te lire. Merci pour ces deux très belles notes sur le cinéma. Passe une bonne soirée ! Bises bretonnes 🙂

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