Films 2017… Mon TOP 5 à 12 !

•02/03/2018 • 5 commentaires

Juste avant la remise des Césars, voici mon Top 5 + 1 + 6 …

J’ai vu 32 films en 2017 et une dizaine de Courts-Métrages. Pas vu « 120 battements de coeur » qui semble favori pour ce soir !…

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1 ) Au Revoir Là-Haut

Au Revoir Là-Haut

De  Albert Dupontel    –   Comédie dramatique française – 14 nominations

Avec  Nahuel Perez Biscayart, Albert Dupontel, Laurent Lafitte , Niels Arestrup, Emilie Dequenne, Mélanie Thierry, Héloïse Balster, Philippe Uchan…

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire..

*Voir excellente critique à laquelle j’adhère totalement sur :

 https://thedude524.com/2017/11/03/cinema-au-revoir-la-haut-albert-dupontel/

Un film exceptionnel, avec à la base un écrivain d’un immense talent et un Dupontel et ses acteurs non moins exceptionnels…
Du grand cinéma français ! Quelle magnifique adaptation, pleine de trouvailles dont Pierre Lemaître était parfois jaloux tant Dupontel a réussi à le surprendre… J’ai entendu plusieurs interviews de Pierre Lemaître où il exprimait toute son admiration pour cette réalisation et toutes ses interprétations pleines de finesse et de justesse…
J’avais lu et énormément apprécié le livre au moment de son prix Goncourt (2013) et j’avoue que j’ai été complètement séduite par l’intelligence, l’inventivité et la sensibilité de la mise en scène et mise en jeu…
Vraiment un coup de cœur…

2 )  Un homme intègre

Un homme intègre

De  Mohammad Rasoulof  – Drame iranien   –   1 prix et 5 nominations

Avec  Reza Akhlaghirad, Soudabeh Beizaee, Nasim Adabi..

Reza, installé en pleine nature avec sa femme et son fils, mène une vie retirée et se consacre à l’élevage de poissons d’eau douce.
Une compagnie privée qui a des visées sur son terrain est prête à tout pour le contraindre à vendre.
Mais peut-on lutter contre la corruption sans se salir les mains ?

Un récit tendu, un suspense habile, un thriller social impressionnant, une chronique sombre, poignante et kafkaïenne, une distribution remarquable… La tension est permanente…

Le prix « Un certain regard » à Cannes 2017 n’est pas usurpé. Un grand film d’un cinéaste courageux !

3 )  Get out

Get out

De  Jordan Peele    –   Thriller américain   –   15 nominations

Avec  Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener…

Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose  filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable.

Voir : https://thedude524.com/2017/05/27/cinema-get-out-de-jordan-peele/

Un thriller original, inventif et efficace, évidemment anxiogène ! Humour noir, rire jaune et peur blanche ! Couleurs interchangeables ! Les codes et stéréotypes racistes sont détournés ; une farce horrifique aux aspects décalés et une charge résolument politique… Une petite réserve quant à la fin expéditive dans tous les sens du terme et assez prévisible !…

4 )  Une femme fantastique

Une femme fantastique

De Sebastián Lelio   –    Drame chilien, allemand, espagnol, américain   –   3 prix et 10 nominations

Avec Daniela Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco

Marina et Orlando, de vingt ans son aîné, s’aiment loin des regards et se projettent vers l’avenir.
Lorsqu’il meurt soudainement, Marina subit l’hostilité des proches d’Orlando : une « sainte famille » qui rejette tout ce qu’elle représente. Marina va se battre, avec la même énergie que celle dépensée depuis toujours pour devenir la femme qu’elle est : une femme forte, courageuse, digne … une femme fantastique !

Beaucoup de finesse sur un thème délicat… On y retrouve l’univers d’Almodovar. Portrait subtil d’une femme flamboyante qui lutte, qui est en mouvement et ne renonce pas…

5 ) En attendant les hirondelles

En attendant les hirondelles

    De  Karim Moussaoui.      Drame français   –   7 nominations

    Avec  Mohamed Djouhri, Sonia Mekkiou, Mehdi Ramdani

Aujourd’hui, en Algérie, trois histoires, trois générations. Mourad, un promoteur immobilier, divorcé, sent que tout lui échappe. Aïcha, une jeune fille, est tiraillée entre son désir pour Djalil et un autre destin promis. Dahman, un neurologue, est soudainement rattrapé par son passé, à la veille de son mariage. Dans les remous de ces vies bousculées qui mettent chacun face à des choix décisifs, passé et présent se télescopent pour raconter l’Algérie contemporaine.

Un portrait fin, sans jugement, d’une Algérie plurielle, pleine de contradictions, pas débarrassée de ce qui « l’empoussière » encore. Un fil narratif captivant, une sorte d’état des lieux, des silences, des jeux subtils, feutrés et intimistes des acteurs, des envolées musicales, des paysages de toute beauté, le poids du passé tout en suggestion… Une tension et une intensité constantes… On attend toujours le retour des hirondelles qui pourraient amener un réel et espéré printemps arabe…

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J’y ajoute un film dans le domaine de l’art :

* La passion Van Gogh *

La passion Van Gogh

De Dorota Kobiela, Hugh Welchman. Animation, Biopic britannique, polonais

Avec Pierre Niney, Gérard Boucaron, Chloé Berthier  –  2 prix et 5 nominations

Paris, été 1891, Armand Roulin est chargé par son père, le facteur Joseph Roulin, de remettre en mains propres une lettre au frère de Vincent van Gogh, Theo. En effet, la nouvelle du suicide du peintre vient de tomber. Armand, peu enchanté par l’amitié entre son père et l’artiste, n’est pas franchement ravi par sa mission. À Paris, le frère de Van Gogh est introuvable. Le jeune homme apprend alors par Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, que Theo, visiblement anéanti par la disparition de son frère aîné, ne lui a survécu que quelques mois. Comprenant qu’il a sans doute mal jugé Vincent, Armand se rend à Auvers-sur-Oise, où le peintre a passé ses derniers mois, pour essayer de comprendre son geste désespéré. En interrogeant ceux qui ont connu l’artiste, il découvre combien sa vie a été surprenante, passionnée, et conservant une grande part de mystère.

Un film atypique, récit sous forme d’enquête autour des mystérieuses circonstances (quoi qu’on en pense ou qu’on en sache) de la mort du peintre, tout en déambulations dans « les paysages-œuvres » de Van Gogh…

Le film alterne scènes en couleurs, en noir et blanc, enquête et retours en arrière.

Certes il présente quelques défauts que certains critiques ont préféré relever, plutôt que de saluer la prouesse d’une mise en images impressionnante où se mêlent fort agréablement beauté, poésie, suspense et documentaire…

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 Voilà mon TOP 5 +1, auquel j’aurais pu ajouter :

Mr & Mme Aldeman   –  De Nicolas Bedos   –   Avec Doria Tillier, Nicolas Bedos, Denis Podalydès…

Mr et Mme Adelman

La villa   –   De Robert Guédiguian   –   Avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan

La villa

L’amant double   –   De François Ozon   –   Avec Marine Vacth, Jérémie Renier, Jacqueline Bisset

L'amant double

A mon âge je me cache encore pour fumer   –   De Rayhana   –   Avec Hiam Abbass, Fadila Belkebla, Nadia Kaci

A mon âge je me cache encore pour fumer

Le brio   –   De Yvan Attal   –   Avec Daniel Auteuil, Camélia Jordana, Yasin Houicha

Le brio

Barbara   –   De Mathieu Amalric   –   Avec Jeanne Balibar, Mathieu Amalric, Vincent Peirani

Barbara

 

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CÉSAR:Rétrospective au Centre Pompidou

•10/02/2018 • 4 commentaires

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« La Rétrospective »

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A découvrir au Centre Pompidou dans une Grande Exposition du 13 décembre 2017 au 23 mars 2018, 20 ans après sa disparition, un hommage à César Baldaccini , dit César, dans une grande rétrospective, qui réunit à travers un demi-siècle de création, une centaine d’œuvres venues du monde entier. 

La rétrospective se tient au sixième étage du Centre Pompidou, où un large espace totalement décloisonné accueille les œuvres de César Baldaccini. Avant de connaître la célébrité et de concevoir les trophées de la cérémonie de cinéma qui porte son nom, ce fils d’immigrés italiens passionné par Giacometti a tout d’abord commencé par souder de la ferraille, seul matériau de travail qu’il pouvait s’offrir alors qu’il était étudiant aux Beaux-Arts. Il n’aura ensuite de cesse de triturer, façonner, et remodeler les diverses matières qui passeront entre ses mains et ses outils.

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César, un sculpteur majeur singulier, aux univers prolifiques, à la fois héritier de Picasso, Gonzalez ou Giacometti… 

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Troquant les outils traditionnels du sculpteur pour le chalumeau, César réalise tout d’abord des Fers soudés, figures humaines et animales, composées de petits déchets métalliques, puis des œuvres plus abstraites.

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Portrait of Patrick Waldberg 1961-2 by C?sar (C?sar Baldaccini) 1921-1998

« Portrait de Patrick Waldberg »

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Mais en 1960, cet instinctif, désormais en vogue, opère une mutation radicale. Fasciné par les presses hydrauliques, il présente trois voitures compressées au Salon de mai. L’artiste s’efface devant la machine, et l’esthétique morbide de la casse irradie la sculpture. Tollé ! En un demi-siècle, César va dynamiter le socle de la sculpture classique. Dans ses Compressions, César élargit peu à peu la palette des matériaux utilisés, des formes et des couleurs, jusqu’à la fascinante « Suite milanaise » en 1998.

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Viennent ensuite les Empreintes humaines, agrandissements de son propre pouce  ou d’un sein…

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Puis viennent les Expansions et les Enveloppages

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Le meilleur pour la fin : l’élégante et puissante « Suite milanaise », conçue par César l’année de sa mort, qui aurait mérité d’être exposée complète, comme elle le fut au Consortium de Dijon en 1998 et à la Fondation Cartier en 2008. On est privé du nuancier que l’ensemble des compressions compose, et d’une déambulation dans un espace magique. Mais c’est bien beau !

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Sans oublier les magnifiques vues sur Paris (par temps fort gris!), de ce bel espace ouvert… et du haut du Centre Pompidou…

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Inutile de vous dire que j’ai adoré cette exposition et la découverte des multiples facettes de César…

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Pour compléter, un documentaire passé sur ARTE le 17/12/2017:

https://openload.co/f/XtczZuUg6eA#

« César Sculpteur décompressé »

À l’aide d’archives savoureuses, d’éclairages de proches et d’experts  (le directeur du Musée national d’art moderne Bernard Blistène, la critique d’art Catherine Millet, l’architecte Jean Nouvel, sa dernière compagne Stéphanie Busuttil…), ce documentaire rend à César ce qui lui revient : des révolutions artistiques majeures, longtemps occultées par le personnage médiatique haut en couleur que l’artiste s’était forgé…

TOUS MES MEILLEURS VOEUX POUR CHACUN…

•05/01/2018 • 2 commentaires

2018 Meilleurs Voeux1

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Des joies, des bonheurs

pour rendre la vie plus douce, plus harmonieuse,

plus souriante, pleine de couleurs…

Des soucis atténués, effacés jusqu’à être ôtés…

Une santé régénérée offrant des possibilités nouvelles…

Que le meilleur vienne enfin en 2018

pour donner ses chances à une paix réelle

pour chacun…

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2018 Belle Année

Films 2016… suite de mes coups de coeur…

•02/02/2017 • 2 commentaires

J’aime aussi présenter des films plus discrets, qui ne bénéficient pas d’une grande diffusion, qui ne font pas l’objet d’un matraquage médiatique, mais qui méritent vraiment d’être mis en valeur et d’être vus… Ces films ouvrent aussi d’autres horizons et permettent de belles découvertes…

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1  – « Mr Ove »  – Comédie dramatique Suédoise  – De Hannes Holm   Avec Rolf Lassgård, Bahar Pars, Ida Engvoll…

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Depuis le décès de sa femme et son licenciement, Ove se sent vieux et terriblement inutile. À longueur de journée, il erre dans sa maison comme une âme en peine. Pour s’occuper, il multiplie les rondes de sécurité dans sa copropriété et harcèle ses voisins pour le moindre manquement au règlement intérieur…  À 59 ans, grincheux et dépressif, Ove n’attend plus qu’une seule chose de la vie : la mort ! Il décide donc d’en finir… mais ses tentatives de suicide échouent lamentablement. La situation se corse lorsque de nouveaux voisins emménagent, affreusement sympathiques : Parvaneh, une jeune Iranienne, son mari et leurs charmants enfants. Sans cesse importuné, Ove n’a plus un instant à lui pour se pendre tranquillement. Pire : à force de nouvelles rencontres et d’amitiés improbables, il se pourrait bien qu’Ove reprenne goût à la vie…

Un ton toujours juste juste entre humour grinçant, tendresse délicate  et émotion subtile.Tiré du livre « la Vie selon Ove » de Fredrik Backman, le film a été couvert de prix dans son pays natal, notamment pour la performance de Rolf Lassgard. Récompensé par le prix du public au Festival de Cabourg en juin dernier. Ove (c’est son prénom) est un anti-héros très touchant.

Ce film a été beaucoup mieux reçu par le public que par la critique restée très timorée. Je pense que le public a raison !

 

2  – « La danseuse » – Drame,  « Biopic » Français  – De Stéphanie Di Giusto  – Avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry…

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Loïe Fuller est née dans le grand ouest américain. Rien ne destine cette fille de ferme à devenir la gloire des cabarets parisiens de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Cachée sous des mètres de soie, les bras prolongés de longues baguettes en bois, Loïe réinvente son corps sur scène et émerveille chaque soir un peu plus. Même si les efforts physiques doivent lui briser le dos, même si la puissance des éclairages doit lui brûler les yeux, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter la chute de cette icône du début du 20ème siècle.

Stéphanie Di Giusto réussit à nous faire comprendre, dans des scènes saisissantes, ce que fut, il y a un siècle, le génie chorégraphique et visionnaire de Loïe Fuller. Elle nous révèle l’importance du  processus créatif : chaque étape, chaque croquis, chaque métrage de tissu, chaque directive autoritaire de son héroïne donne naissance à un spectacle magique. Elle réussit à nous faire partager le choc esthétique ressenti, à l’époque, par le public. C’est Soko elle-même qui tournoie. Soko et sa beauté farouche, sa sensualité athlétique.  Mélanie Thierry est une merveilleuse Gabrielle, la fumeuse de cigarillos, qui ouvre à Loïe les portes des Folies-Bergère et ne la quittera plus jamais.  Dès qu’apparaît Isadora Duncan sous les traits si gracieux de Lily-Rose Depp vraiment radieuse, on sait que les jours de gloire de Loïe sont comptés. Loïe qui vénère le Beau au point de s’y consumer… A travers ces deux danseuses,  une cruelle réalité : le travail et la volonté face à un être touché par la grâce. Des passages envoutants…

 

3  – « Dans les forêts de Sibérie » –  Aventure ;  Français  – De Safy Nebbou  – Avec Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine…

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Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années. Entre ces deux hommes que tout oppose, l’amitié va naître aussi soudaine qu’essentielle.

Une aventure polaire intense et solitaire adaptée (librement)  du récit éponyme de l’écrivain voyageur Sylvain Tesson. Raphaël Personnaz, quasiment seul à l’image les trois quarts du film, livre une performance remarquable de justesse, tout en ajoutant des touches d’humour bienvenues. C’est certainement l’une de ses plus belles compositions. Sur une musique sublime d’Ibrahim Maalouf et des images de toute beauté, Safy Nebbou a réussi à capter l’indicible, le poids de la solitude, le temps qui passe, la beauté d’un paysage brut ou l’ivresse de la liberté retrouvée. Une expérience sensorielle de la solitude et du silence aussi dépaysante que bienfaisante qui invite le spectateur à réfléchir sur sa propre existence.

 

4  – « Tanna » –  Drame, Romance ;  Ni-vanuatu, Australien  –  De Bentley Dean, Martin Butler  –  Avec Marie Wawa, Marceline Rofit, Mungau Dain…

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Dans l’une des dernières tribus traditionnelles du monde, une jeune fille rompt son mariage arrangé pour s’enfuir avec l’homme qu’elle aime. Les amoureux déclenchent ainsi une guerre qui menace leur clan.

Tanna est l’histoire vraie qui bouleversa la vie des habitants d’une petite île du Pacifique et fit réviser la constitution d’un pays.

La puissance du récit, une variante sur un thème universel, la beauté des images, la force des personnages et de leurs interprètes, (uniquement  des non-professionnels très convaincants),  font de « Tanna » un film à part. Le fruit d’une fusion alchimique… il suffit de s’abandonner aux images, de se laisser bercer par la musique visuelle. C’est une affaire de rythme et de tempo, un chant funèbre et lumineux.  Un film envoûtant, romantique sans pathos, réaliste sans lourdeur ethnographique. On est au bout du monde, quelque part dans le Pacifique, et, dans cet inconnu, un point fixe : l’amour. C’est poignant…

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Les films de l’année 2016

•02/02/2017 • Laisser un commentaire

J’ai vu 42 films en salle et eu le plaisir d’assister au Festival du Film Romantique à Cabourg, qui se déroule toujours dans une atmosphère de simplicité.  Voici ma sélection 2016:

 

1  –  « Moi Daniel Blake » – Drame Britannique, Français, Belge – De Ken Loach – Avec Dave Johns, Hayley Squires, Dylan McKiernan…

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Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Katie, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d’accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Katie vont tenter de s’entraider…

A 80 ans, Ken Loach n’a pas baissé les armes. Il a gardé intacts sa colère, son empathie, son humanisme. Interprète de Daniel Blake, l’humoriste Dave Johns nous fait vivre toute son existence grâce à sa simple présence, modeste, pudique, teintée d’un humour sans plainte. On frôle la comédie, par moments, (il est pourtant question de vie ou de mort. de la faim et de la vraie misère, d’exclusions et d’humiliations), tant le héros de ce calvaire ordinaire met d’énergie, de chaleur et d’humour désespéré dans la bataille. Sa bonté, ses boutades, ses gestes quotidiens le rendent proche, profondément attachant, un peu dépassé aussi, presque désuet. C’est une histoire de fraternité humaine face à une administration à demi privatisée,  rendue folle et perverse par sa chasse aux prétendus « assistés »… Combat inégal… Ce film évoque autant l’Angleterre victorienne que celle d’aujourd’hui. Manière, pour Ken Loach, de nous dire que dans le monde moderne, ce n’est pas Daniel Blake qui est anachronique. C’est la violence sociale… Tout sonne juste, c’est bouleversant…            Palme d’or bien méritée !

 

2  – « Elle » –  Thriller Français, Allemand – De Paul Verhoeven  (d’après le roman de Philippe Djian) – Avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Anne Consigny …

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Femme d’affaires redoutable et chef d’entreprise respecté d’une entreprise de jeux vidéo, Michèle voit sa vie basculer quand un homme masqué s’introduit chez elle et la viole. Alors qu’elle croyait tout contrôler, elle va sombrer dans une sorte de paranoïa. Elle dort avec une arme sous l’oreiller, entend des bruits et surtout se met à soupçonner son entourage et son personnel qu’elle fait espionner. Croyant pouvoir tout régler, elle préfère ne pas porter plainte et ce n’est que des semaines plus tard qu’elle révèlera ce qui lui est arrivé…

Rien ne se passe banalement dans ce thriller grinçant, l’héroïne ne réagit jamais à ce qui lui arrive de façon attendue. Isabelle Huppert est tout en ambiguïté, amoralisme, solitude et solidité. Il fallait tout son talent sulfureux  pour dessiner ce portrait sublimement malsain d’une femme qui dissimule ses failles… Chaque plan, superbement construit, baigne dans cette ambiguïté perverse qui nous entraîne dans  une palette inouïe de sensations diverses, de la violence frontale à la farce burlesque. Là aussi, récompenses bien méritées !

 

3  – « Juste la fin du monde »Drame Canadien, Français – De Xavier Dolan  – Avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel…

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Voir présentation et commentaires sur le blog de Frédéric:

https://thedude524.com/2016/12/28/les-films-de-lannee-2016-tag-le-cinema-et-moi/#comment-2951

https://thedude524.com/2016/09/27/cinema-juste-la-fin-du-mondede-xavier-dolan/

Très touchée par ce huis-clos magnifique et poignant, merveilleusement réalisé et interprété… Là encore, nominations et récompenses pas usurpées du tout ! J’aurais aussi bien pu le mettre en 1 ère ou 2 ème place dans mon classement.

 

4  – « Le client »  Drame Iranien, Français – D’Asghar Farhadi  – Avec  Shahab Hosseini, Taraneh Alidoosti, Babak Karimi…

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Ranaa et Emad, un couple de la bourgeoisie de Téhéran, partagent leur temps entre leurs métier et leur passion pour le théâtre, où ils sont en train de répéter «Mort d’un commis voyageur» d’Arthur Miller. Une nuit, alors que l’immeuble dans lequel ils vivent s’effondre, ils sont obligé de quitter précipitamment le bâtiment. En attendant d’être relogés, ils sont hébergés dans l’appartement d’un de leurs amis de la troupe de théâtre. Mais un soir, alors qu’elle est seule, Ranaa est agressée par un homme, qui prend rapidement la fuite. Emad, traumatisé par l’événement, décide d’enquêter sur l’affaire. Il a bientôt un suspect en vue…

A mi-chemin entre le thriller et la chronique sociale, ce drame nous embarque et nous interpelle jusqu’à un final poignant.Un scénario qui enchaîne les événements comme un engrenage. Farhadi  sème discrètement les indices et entretient savamment l’ambiguïté pour créer le trouble. Encore une fois, il dénonce la pression morale et religieuse qui pervertit les relations aussi bien sociales que familiales.

 

5  – « Les innocentes » –  Drame historique Français, Polonais – D’Anne Fontaine     Avec Lou de Laâge, Vincent Macaigne, Agata Buzek…

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Voir post sur : https://thedude524.com/2016/02/24/cinema-les-innocentes-anne-fontaine/

Bouleversant, profond et intense, traité avec délicatesse, sobriété et pudeur, tout en sensibilité… il ne verse jamais dans le mélo… Des résonances encore actuelles malheureusement… Quelques moments légers qui s’intercalent et un final d’espérances malgré ces drames humains…Un casting et une bande son remarquables, images et cadrages des plus expressifs !

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J’ajoute également 3 autres coups de cœur :

6  – « Café Society »   –  De Woody Allen – Avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell…

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 Voir : https://thedude524.com/2016/05/17/cinema-cafe-society-de-woody-allen/

La mise en scène de « Café Society » est élégante et brillante.
Le monde chic et rétro des années 30, où tout semble possible, est bien rendu ainsi que la nostalgie qui en émerge.
J’ai aimé les ambiances jazzy (comme d’hab chez Woody!), la forme du conte avec voix off dans lequel les aléas et l’ironie de l’existence sont narrés avec talent.
J’ai été vraiment émerveillée par la qualité de chaque plan du film, magie du Directeur de la photo, Vittorio Storaro, 75 ans!
Les univers, les sociétés, Hollywood / New York, et les tempéraments qui s’opposent dans ce film m’ont fascinée.
J’ai également été sensible à l’humour (même clichés, bien vus cependant) qui émerge régulièrement, faisant habilement cohabiter comédie et drame.
Pour moi, un film à la fois doux et amer, romanesque et romantique, comédie semi-tragique.
C’est vrai que ce Woody, « c’est comme avant », à l’ancienne, avec la guéguerre entre New York et Los Angeles, avec tous les ingrédients qu’il affectionne et une passionnante réflexion sur tous ses thèmes de prédilection ( ceux de « Match Point » me semblent ici prolongés de façon plus sentimentale et mélancolique).
Aucune réserve pour les choix et jeux d’acteurs, ils m’ont tous embarquée et emballée!
C’est vrai que le rituel d’un film par an nous rend peut-être plus exigeant avec Woody… mais un jour ces rendez-vous rituels vont malheureusement nous manquer!!!…

 

7  – « Julieta »   –  De Pedro Almodóvar  –  Avec Emma Suárez, Adriana Ugarte, Daniel Grao…

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Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.

Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé. Comment vivre sans ceux que l’on aime? C’est tout l’enjeu de ce film subtil, rare, intelligent et intense. La mise en scène d’Almodóvar, dépouillée de tout effet baroque,  nous emporte dès le début pour ne plus nous lâcher. Un beau film, grave, pudique, émouvant… Almodovar, sensible aux femmes et à leurs mystères, aux liens qui unissent les êtres, aux amours passionnées, aux émotions, aux couleurs du mélodrame, déploie tous les sortilèges romanesques pour dresser un riche et dense portrait de femme à travers une des situations passionnelles et violentes, celle des rapports mère-fille… Ça aurait pu être une palme d’or !

 

8  – « Frantz » –   De François Ozon  –  Avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner…
Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

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L’interprétation  est précise, la mise en scène élégante, les cadres rigoureux et le montage incisif… une délicatesse empreinte de nostalgie qui nous mène de sentiment en sentiment, d’émotion en émotion… Le noir et blanc donne une gravité élégante au récit romanesque et renforce l’esthétisme très pictural de la mise en scène… L’amour, le mensonge et le secret en toile de fond…

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Et deux films documentaires, dans le domaine des Arts, pas du tout barbants, ni style audiophone dans les musées, mais plutôt envoutants…

9  – « Florence et le Musée des Offices »  (en 3D)  –  Documentaire italien

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La découverte passionnante d’un des lieux les plus prestigieux au monde qui vous donnera accès aux plus belles œuvres d’art de la Renaissance. FLORENCE ET LA GALERIE DES OFFICES 3D permet pour la première fois d’introduire des caméras ultras HD 4K/3D dans plus de 10 lieux uniques de la ville de Florence. Une technique qui offre une plongée au cœur même des œuvres ! C’est la promesse d’une expérience visuelle hors du commun : une autre manière de découvrir les œuvres d’art les plus marquantes.

 

10  – « Le mystère Jérôme Bosch »  –  Documentaire Espagnol, Français  – De José Luis Lopez-Linares  – Avec Miquel Barceló, Guo-Qiang Cai, William Christie…

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500 ans après sa disparition, Jérôme Bosch, l’un des plus grands peintres flamands, continue à intriguer avec une œuvre aussi fascinante qu’énigmatique, aux interprétations multiples. À travers « Le Jardin des Délices », historiens de l’art, philosophes, psychanalystes en cherchent le sens et rendent un hommage vibrant à un artiste qui défie le temps. Le réalisateur José Luis López-Linares étudie dans ce documentaire une des œuvres les plus célèbres du peintre, «Le Jardin des délices». Pour mieux comprendre ce tableau, José Luis López-Linares a organisé des visites nocturnes du musée du Prado, où il est exposé. Ainsi, devant sa caméra, se succèdent notamment William Christie, Michel Onfray, Orhan Pamuk ou encore Salman Rushdie, qui évoquent leur rapport à ce chef-d’oeuvre qui a traversé les époques… Pour la première fois, une caméra scrute les mille et un détails du Jardin des délices. Une immersion passionnante dans ce triptyque. Un documentaire contemplatif qui ne prétend pas résoudre le mystère Jérôme Bosch, mais qui invite à s’y perdre avec volupté, à en partager les ténèbres et la lumière. La rigueur analytique et la rêverie la plus débridée sont parfaitement associées… Subtil… Passionnant… Fascinant !

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Voeux « A fleur de peau »…

•11/01/2017 • 6 commentaires

Des souhaits tout en tendresse,

qui fleurent bon la nature et la culture,

la simplicité et la délicatesse,

empruntés à Fantin-Latour en sa superbe exposition (jusqu’au 12/02/2017)

« A Fleur de peau »,

au Musée du Luxembourg à Paris…

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Collages photos rétro Marithé

à partir de mes photos prises au cours de l’expo…

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– Nature morte dite »de fiançailles » – 1869

– Fleurs d’été et fruits – 1866

– Nature morte à l’aubépine et bol japonais – 1872

– Roses dans une coupe – 1882

– Chrysanthèmes dans un vase – 1873

– Narcisses, tulipes et pensées – 1878

– Vase aux pommes et feuillages – 1878

– Pois de senteur dans un verre – 1888

– Pieds d’alouette – 1887

– Cherries – 1883

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De retour pour un « Duo vénitien »

•11/11/2016 • 7 commentaires

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« DUO VÉNITIEN » – Huile au couteau sur toile – 33 x 22   Marithé W

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Éléments de « DUO »

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Je te parlerai de Venise lorsque j’en reviendrai
Imprégnée de couleurs, de saveurs et de bruits
Je te dirai les accents des gondoliers sillonnant
Les îles, les canaux et la Lagune aux effluves maritimes.
Je te dirai si comme le Petit Poucet j’ai semé des cailloux
Pour retrouver mon chemin entre les nombreux ponts
Et si j’ai rêvé au Pont des Soupirs lorsque à la rame
Les noires gondoles effilées, recourbées glissent sur l’eau.
Je me ferai toute petite, imaginant une simple Venise
Rendue à ses habitants, rendue à ses matins clairs et au respect
Que l’on doit à la Sérénissime, à son Histoire, à son équilibre retrouvé.

Maïté L

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Tu me diras Venise…

où il fait bon déambuler et se perdre…

où les rencontres sont belles…

et les accents envoûtants…

Il faut du temps pour Venise…

Tu me diras Venise…

Marithé

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